Sites et applications de rencontre : De quelle fai§on les rendre moins sexistes et inegalitaires ?

30 มี.ค. 65

Sites et applications de rencontre : De quelle fai§on les rendre moins sexistes et inegalitaires ?

Devenues banales, les applications de dating ont toutefois un modele economique et des metriques qui favorisent 1 modele sexiste et inegalitaire. Serait-il possible de renverser la vapeur ? Les pistes de Jessica Pidoux, sociologue suisse experte des sites de rencontre.

En dix ans, les applis de dating et les sites de rencontre seront devenues un mode de socialisation amoureuse incontournable. On se retrouve nombre moins dans un bar ou au bricolage qu’en “swipant” puis en “matchant” dans Tinder ou Happn. Mais tout irait bien si le mode de fonctionnement des plateformes ne laissait gui?re a desirer.

L’algo des inegalites

Tout commence avec le modele economique des applis, qui reproduit, selon les sociologues, des inegalites en fonction du sexe. Tinder, la plateforme la plus utilisee et J’ai plus connue, fonctionne avec l’algorithme ELO, deja utilise concernant le “matchmaking” au sein des jeux video online. Dans l’univers du gaming, le systeme analyse le niveau des joueurs et des joueuses, ainsi, leur attribue un score Dans l’optique de les placer dans des parties ni trop faciles ni trop ardues. Sur Tinder, au debut, des scores de “desiderabilite” etaient donnes a toutes les utilisateurs. Apres plusieurs scandales mediatiques, ils ont fera place a d’autres scores, mais bases sur le nombre de “likes” et de “matches” obtenus.

Or, comme Il existe plus d’hommes i  propos des applis de dating que de dames, ces dernieres raflent plus de likes, donc de matches. Tandis que les utilisatrices croulent sous nos messages, les utilisateurs masculins n’en recoivent que tres peu. Frustres, certains depriment ou deviennent agressifs au milieu des femmes qui ne un repondent nullement (au point que les cas de cyberharcelement via Tinder se multiplient), ainsi, d’autres mettent mon tour a la poche. Tandis que pour les femmes, bien reste gratuit (une facon de les inciter a s’inscrire en masse, a ma base).

Ces dames paraissent sursollicitees, les hommes paraissent frustres

Selon une enquete menee via deux journalistes du Monde, le taux moyen de match dans la quete d’une relation heterosexuelle est de 50 % Afin de une femme, ainsi, celui d’un homme de 2 %. D’un cote, ces dames sont sursollicitees, voire harcelees, ainsi, de l’autre, les hommes sont frustres et doivent donc payer Afin de etre visibles. Ainsi que Facebook essaie de garder au maximum ses utilisateurs sur sa plate-forme en faisant des likes des “recompenses”, Tinder a recours a “l’economie de l’attention”, et a ainsi fait d’une frustration des hommes le gagne-pain. “Tinder travaille avec des specialistes du jeu video Afin de connaitre comment activer les mecanismes de frustration dans le cerveau des hommes.

Quand ils ont identifie un profil susceptible de payer (un certain niveau de revenus, un certain niveau d’etudes, etc.), ils le rangent au sein d’ une categorie ou le profil apparait moins. Un coup qu’il achete l’option (Boost ou Gold), son profil reste, d’apres son score, soit montre normalement, soit montre nombre plus”, explique Jean Meyer, PDG de Once, une application de dating qui apparai®t, on le verra, comme une option. “Les gens seront notes a travers des likes collectifs agreges. En fera, l’evaluation vient des autres utilisateurs, un systeme encourage evidemment avec Tinder”, explique de le cote Jessica Pidoux, sociologue et auteure en 2020 d’une these i  propos des algorithmes des applis de rencontre pour l’Institut des humanites digitales de l’Ecole polytechnique federale de Lausanne (EPFL), en Suisse.

Frustrations et sexisme

L’effet d’un tel systeme base sur la frustration est evidemment nefaste pour la confiance en soi des utilisateurs qui ne recoivent que peu de “likes”, voire jamais de “matches” di?s qu’ils demeurent dans la version gratuite de Tinder (mais aussi de multiples autres applis de dating qui utilisent le aussi modele, de Happn a Adopte Un Mec), comme des utilisatrices qui de leur cote se sentent harcelees. Mais Il semble aussi nefaste concernant le porte-monnaie des hommes. Car les fonctionnalites “premium” ne semblent nullement non plus precisions. Il convient entre autres debourser, sur Happn , 22,99 € Afin de 1 mois, afin de pouvoir voir qui vous a “like”, passer en mode “invisible” (dans le but de ne pas etre vu par son ex, entre autres), ou de cacher diverses infos personnelles. Sur Adopte Un Mec, vous devez payer il faut payer 9,99 € par semaine ou 13,33 € via mois Afin de, tout seulement… lire les messages recus en part des utilisatrices interessees. Qui, de un cote, ne payent rien, mais croulent sous des “charmes” (un autre terme pour dire “likes”).

Cette inegalite en fonction du sexe nourrit votre stereotype : celui d’une rencontre entre une femme “passive” et un homme agressif ou CSP+. “Le modele economique de la majorite des applications de dating en jeu est sexiste et inegalitaire. Mes hommes seuls paient, ou quand des deux paient, votre seront les hommes qui paient le plus pas gratuit. Cela instaure des rapports de domination : du moment que l’homme paye, il va avoir beaucoup environ pouvoir que ceux qui ne paient jamais ; hommes ou jeunes filles. Ceux qui ne paient pas deviennent l’article, disponibles Afin de ceux qui paient. Se cree aussi une division sociale : les plus fortunes sont favorises et trouvent plus vite 1 mari, ou de ‘meilleurs’ candidats que nos autres”, observe Jessica Pidoux. L’inegalite generee concerne donc aussi bien le genre que le i?tre capable de economique.

Selon la sociologue, nos algorithmes utilises par la majorite des applis de rencontre (Tinder, puis Badoo, Meetic, Happn, Adopte votre mec…) ont recours a une technique d’IA, le machine learning, Afin de renforcer l’efficacite de leur systeme. Tandis que les utilisateurs “apprennent a se presenter d’une certaine facon” et gui?re d’une autre Afin de augmenter leurs chances, nos applis “apprennent des actions et des preferences des utilisateurs, cela peut parfois conduire a la perpetuation ou a l’amplification des prejuges humains.” Tinder, notamment, “recommande des matchs bases sur 1 modele patriarcal : le systeme apprend que plusieurs hommes plus ages preferent les profils de femmes plus jeunes avec un niveau d’education inferieur, mais l’algorithme pourrait alors suggerer le aussi modele a d’autres utilisatrices de l’application.” Pour cette raison, “les hommes aises sont plus susceptibles de tomber sur des profils de jeunes filles moins eduquees”.

“Ce modele economique et ce design sexiste et inegalitaire n’est jamais durable”, assene Jessica Pidoux. Mais comment creer 1 modele plus egalitaire, qui diminuerait ces rapports de domination et ces logiques de genre ? “La responsabilite des firmes derriere ces applis est enorme. Elles doivent prendre leur responsabilite, etre plus transparentes sur la maniere dont les precisions sont collectees (concernant evaluer des utilisateurs et donner des recommandations), et inclure les utilisateurs en choix de leur design” https://besthookupwebsites.org/fr/asian-dates-review/, explique la chercheuse.